Samedi 3 Mai

Arequipa

Ce matin on a droit à une grasse mat, jusqu'à 8h! Ben ouais, c'est près de 3h de plus que la veille quand même! ;) Ma forme n'est pas à son maximum mais ça va mieux (faut dire aussi que je me shoote aux médocs depuis 3 jours), je réussis presque à manger une tartine entière. Le petit déjeuner est d'ailleurs très agréable, au soleil, sur la terrasse/toit de l'hôtel. Il fait toujours un temps splendide.
A 9h30, nous partons en compagnie de Diego pour le marché San Camilo. Ce matin en effet, certains d'entre nous vont en profiter pour visiter l'un des projets d'aide au développement que soutient Viventura (et auquel nous apportons une minuscule contribution avec ce voyage), à savoir apporter du soutien à des familles de carriers qui travaillent la pierre de sillar. Cette pierre volcanique de couleur blanche sert à la construction de la plupart des bâtiments d'Arequipa, d'où le nom de "Ville blanche".
Nous nous rendons donc d'abord au marché pour faire des provisions et acheter des fruits. Puis nous passons chez les grossistes pour d'autres achats de nourriture avant de nous rendre à la carrière située en dehors de la ville.

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Au passage petit arrêt pour photographier le célèbre Misti, le volcan frère jumeau du Mont Fuji qui veille sur la ville.

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Nous allons rencontrer Flavio et sa famille et il va nous expliquer un peu en quoi consiste son travail de tailleur de pierres. Il nous montre comment ils taillent le rocher, tout ça en plein soleil et dans une lumière aveuglante à cause de ce même soleil qui se réverbère sur la pierre blanche. C'est un travail très dur... Ca relativise beaucoup de choses aussi...

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Nous leur donnons toutes les provisions et reprenons le bus. Sauf que Ricardo a garé le bus n'importe comment et doit faire 100 manœuvres avant de pouvoir nous remettre dans le droit chemin. Il a même fallu démonter un petit mur de pierres pour que ça passe!
Nous retournons vers Arequipa et plus particulièrement vers les locaux de Viventura où toute l'équipe nous attend pour un déjeuner dans le jardin. Les bureaux sont situés dans un quartier sécurisé (comme l'hôtel à Ica), barbelés, clôture électrifiée etc, je m'y fais difficilement.
Mais nous voilà accueillis par Véronique que nous avions eu par mail, chat et aussi téléphone la veille du départ pour savoir si tout allait bien et si nous avions des dernières questions. Vraiment très très sympathiques, attentionnés et prévenants ces gens chez Viventura! :)
Nous nous installons tous à la table dressée dans le jardin et allons déguster un menu concocté par la cuisinière Carmencita, une spécialité de pommes de terre, de thon et d'avocat, j'ai tout mangé. Mon dieu, l'appétit revient! Comme boisson nous avons droit à l'une des boissons typiques du Pérou, la chicha morada, une boisson non alcoolisée faite à base de maïs violet (le maïs de H!). Je crois que je préfère le Pisco sour.
Le tout en musique, c'est, "j'ai oublié son nom", qui a composé la chanson de Viventura, qui nous chante quelques airs à la guitare, j'apprécie d'autant plus que ça ne casse pas les oreilles.
D'ailleurs Nico s'y met aussi très discrètement (un petit djidji et un petit Cabrelito), je ferais bien une sieste dans le hamac, mais je l'ai déjà dit, on n'est pas là pour se reposer!!

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Après une photo de tout le groupe, à 14h30, nous partons en compagnie d'Alvaro pour la visite de la ville.
Le bus nous dépose devant l'église San Francisco dans laquelle nous n'allons pas rentrer, et nous poursuivons à pied à travers les rues blanches.

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Avec ses un million d'habitants, Arequipa (2325 m d'altitude), deuxième agglomération urbaine du Pérou est située au cœur d'une oasis verdoyante et est dominée par un groupe de volcans, le Misti (5821 m), le Chachani (6075 m) et le Picchu Picchu (5515 m).
La région fut d'abord colonisée par les Aymaras, puis les Quechuas, enfin les Incas s'y installèrent. En revanche, la ville actuelle fut fondée par les espagnols en 1540.
Nous entrons dans la cathédrale, dont la façade occupe un des côtés de la place d'armes. Celle-ci a été plusieurs fois détruite par des tremblements de terre ou des incendies, elle est donc plutôt moderne.

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Puis nous poursuivons notre balade.

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Nous arrivons à l'église jésuite de la Compaña de Jesus, dont le portail est magnifique. Le cloître a été réhabilité et on y trouve désormais de jolies boutiques.

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Nous continuons vers la place d'armes et vers le couvent Santa Catalina.

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C'est ici qu'Alvaro nous quitte car les guides à l'intérieur du couvent sont uniquement des femmes.
Considéré comme une véritable ville dans la ville, le monastère carmélite de Santa Catalina fut fondé en 1580 et doit son nom à sa fondatrice, Maria de Guzman, une riche veuve. Seules les femmes des riches familles espagnoles étaient autorisées à rejoindre ce monastère, accompagnées d'une dot, dont le montant s’élevait à 1 000 pesos or.
Ce lieu s'étend sur environ 20 000 m².
La communauté de femmes, qui résidait à l'intérieur de ces murs, était organisée selon une hiérarchie qui reproduisait la société extérieure. Ainsi, les religieuses les plus riches bénéficiaient des cellules les plus vastes. Au-dessus de leurs habitations, logeaient leurs dames de compagnie, qui étaient autorisées à les suivre.                                    
Leur isolement n'était parfois que partiel, puisqu'elles pouvaient continuer à recevoir et à organiser des réceptions. En 1871, le pape envoya une émissaire pour restaurer quelque peu la discipline. A cette époque, environ 450 personnes vivaient à l'intérieur du monastère. Les religieuses commencèrent alors une vie de recluses, plus conforme à leur ordre (pratiquement plus aucun contact avec l'extérieur et des journées consacrées à la prière). Ce n'est qu'après la visite du pape en 1985 qu'elle furent autorisées à nouveau à parler et sortir...
Aujourd'hui, seulement 24 religieuses vivent encore au monastère.
Nous arpentons les rues aux noms de villes espagnoles, traversons les cloîtres et "visitons" les cellules, tout ceci dans une ambiance feutrée, au milieu des couleurs ocres, bleues et du soleil couchant (je deviens poète!).

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Vous noterez aussi le lavoir très ingénieux où elles faisaient la lessive.

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Nous pouvons également monter en haut de la chapelle pour avoir une vue d'ensemble (je trouve que c'est plus beau vu d'en bas!) et aussi la vue sur le Misti.

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Bref, une visite très agréable, un peu comme si on était dans un autre monde.
A la sortie du couvent, nous retrouvons Nico qui nous emmène à la filature de laine de camélidés. Après une traversée de route très périlleuse (ici les piétons n'ont PAS la priorité), nous entrons dans la fabrique, voyons d'abord les "bêtes" (désolée pour le flash dans les yeux!!) puis le tri de la laine et enfin le tissage. Ah oui si vous y allez, les superbes photos qu'on voit à l'entrée, c'est Nico qui les a faites (et hop un peu de pub ;))

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Pas d'achat pour cette fois, même si les vêtements sont très beaux (et c'est doux! c'est neuf?).
Nous repartons vers le centre ville (faut retraverser la rue...) car certains veulent acheter du chocolat et des cartes pour leur appareil photo.
Une chose à signaler, ce sont les "téléphones humains". En effet, si vous voulez téléphoner il vous suffit d'intercepter une personne avec un gilet fluo qui a sur elle des téléphones portables et hop vous pouvez téléphoner! Pratique non? Bon, moi, je m'en fous j'ai du réseau!
Nous retournons à l'hôtel avant de partir pour le restaurant Zig Zag. Situé dans une ancienne maison coloniale, sous des voûtes, le cadre est vraiment "charmant". Et ici on peut manger de la viande d'aLpaca ou d'autruche à la plancha. Les morceaux de viande arrivent tous sur des pierres chaudes, et nous voilà donc affublés chacun d'un magnifique bavoir contre les éclaboussures. C'est vraiment très très bon l'aLpaca!
Alors, au dessert y'a de la mousse au chocolat et parait que c'est la meilleure du Pérou (dixit Nico) alors Marion et moi on se laisse tenter (j'ai rien mangé depuis 3 jours et je me tape une mousse au chocolat, oui je sais, c'est pas raisonnable...). En effet je confirme, elle est très bonne! Bon, j'ai pas encore assez d'expérience du Pérou pour dire si c'est la meilleure du pays.
Allez il est près de 23h quand on se couche, c'est à quelle heure le réveil demain? 4h30? non, c'est une blague hein??!!